Nous sommes des immigrants. Il faut l'admettre.

 

Mon fils, qui va dans un service de garde en milieu scolaire public, est préparé à entrer dans le milieu scolaire public. Cela va de soi. Dans le système scolaire public en Ontario, on forme des citoyens canadiens, fiers et patriotiques. Soit.

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Cela implique le salut au drapeau en chantant le O Canada! tous les matins. Ainsi, mon fils apprend à chanter l'hymne national canadien, à reconnaître le drapeau canadien et à fêter la Fête du Canada Day. 

Depuis une semaine, comme les magasins sont bariolés de rouge, de blanc et de l'unifolié, mon fils passe ses journées à chanter le O Canada. Ou plutôt deux lignes du O Canada. Toujours les deux mêmes, "O Canadaaaa. Ton histoire est une épopée-é-e. O Canadaaaa. Ton histoire est une épopée-é-e. O Canadaaaa." Sans arrêt. C'est cute et tout. Les vieilles dames à l'épicerie sont attendries.

 Moi, je me passerais bien de son patriotisme public naissant. Il est beaucoup trop jeune pour qu'on lui explique les subtilités de la propagande scolaire, et nous ne voulons pas lui causer des problèmes à l'école où le nationalisme québécois est perçu et enseigné comme une mauvaise chose. 

Nous sommes des émigrants en Ontario, dans un autre espace national, faute d'être dans un autre pays. Au moins, si nous étions dans une autre province, en Alberta ou en Nouvelle-Écosse, il y aurait une fierté provinciale qui au moins rempli un espace équivalent au patriotisme québécois et qui contrebalance en partie le patriotisme canadien. Il n'y a rien d'équivalent en Ontario. Il n'y a que la fierté canadienne. Il est très difficile de trouver un drapeau ontarien en Ontario. Ailleurs au Canada, les drapeaux provinciaux sont beaucoup plus présents, pas autant que le drapeau québécois au Québec, mais presque. Rien de cela en Ontario. Mon fils ne sait pas reconnaître le drapeau ontarien, malgré nos efforts. Quand nous allons à Gatineau, il ne comprend pas pourquoi les "drapeaux du O Canada" sont si rares.

Je ne sais pas quoi faire. Je ne veux pas lui causer du tord à l'école mais je ne veux pas qu'il avale le patriotisme canadien tout rond. Je voudrais qu'il soit attaché au Québec, mais nous élevons un Ontarien, au moins jusqu'à ce que nous déménageons.

En attendant, je dois enduré que mon fils chante le O Canada et se promène avec son drapeau canadien en papier dans la maison,  parce que cela lui fait si plaisir...

...misère... 

 


Ce blogue prend une petite pause...

Réflexions sur The Ocean at the End of the Lane de Neil Gaiman.

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