19 août: Visualisation cartographique

Journée encore plus longue qu'hier! Au moment où je rédige ces lignes, je suis à la Maison des Pressoirs au Sault-au-Récollet, pendant que mes collègues de l'École d'été visitent les environs. Le visite sera de plus d'une heure et je n'aurais jamais été capable de faire cette visite, surtout après trois jours intensifs comme je viens de vivre. J'aurais vraiment aimé faire cette visite, mais dès ce matin, je me doutais que je n'en serais pas capable. Maudite fibromyalgie!

Ceci dit, aujourd'hui fut la première journée où j'ai enfin appris quelque chose. Les deux premières journées ont pour moi été surtout une révision de mes connaissances et expériences. Aujourd'hui, j'avais du jus.

En premier lieu, nous avons eu droit à une présentation fascinante de Gilles Lauzon sur l'ancrage de l'espace urbain et social à Saint-Henri et surtout à Pointe-Saint-Charles (section Saint-Gabriel). Pendant un peu plus d'une heure, il a expliqué comment il a combiné l'histoire sociale urbaine conventionnelle avec des récits de vie, généalogies, annuaires, rôles d'évaluation, cadastres, plans d'occupation, plans d'assurance, recensements, entre autres, pour localiser dans l'espace et dans le temps trois familles de ces quartiers sur trois générations, entre c1860 et c1930. Le temps et le soin qu'il a mis à l'identification des personnes et à la géolocalisation des bâtiments, mêmes ceux qui n'existent plus, fut colossale. Tout ce travail a permis de faire ressortir des corrélations entre la localisation et la mortalité infantile différentes que celles faites auparavant. Il a fait ressortir comment ces familles utilisent et exploitent le parc de logements du secteur à leur avantage et selon leurs besoins d'année en année. Il a confirmé et fait ressortir les divisions culturelles et les dominantes de groupes de rues selon les ethnies/langues/religions, tout en soulignant les points de transition entre eux.

La présentation de Sherry Olson qui suivit fut le parfait complément. Le projet MAP, qu'elle dirigea longtemps et qui se poursuit, combine des échantillons divers et des sources jamais utilisées jusqu'à présent pour faire ressortir ce qu'elle a surnommé "l'anatomie de la ville". En rattachant des bases de données et en liant systématiquement de nombreuses sources, le projet a pu, par exemple, se promener virtuellement de rue en rue pour relever les différentes conditions de vie des différents groupes sociaux de Montréal, de même que la ségrégation des quartiers. Olson a passé une bonne partie de sa présentation à expliquer comment le projet a tenté de rendre leurs données représentatives, en ajoutant des sources complémentaires, en ajustant les échantillons, a augmenté la précision des données géoréférencées et minimisé les marges d'erreurs.

Mes huit pages de notes ne peuvent pas être résumées ici, mais j'ai été fascinée par le processus d'analyse des concentrations ethniques et de centre de diversités ethniques. Encore plus intéressants furent ses remarques son analyse encore incomplète des accidents de travail, comment recouper les registres des hippomobiles, des hôpitaux, des journaux d'époque et encore, le tout géocodé et géolocalisé, et comment elle devra compléter et ajuster les échantillons pour la représentativité, et compenser le fait que tous les échantillons sont nécessairement orientés.

En après-midi, une séance double dirigée par Léon en introduction de l'application en ligne CartoDB. Ce type de laboratoire d'apprentissage de logiciel m'énerve en général, et une chance que j'aime beaucoup Léon, parce que des labos de groupe en parallèle sont mortels. Mêmes si les données sur lesquelles nous avons travaillées étaient cools.

Le logiciel est extrêmement intéressant et très convivial. Simple, mais puissant, avec une interface épurée et très intuitive si l'on est familier avec ce genre d'application. Je vais l'utiliser pour mon projet, je crois. Je ne l'utiliserai pas comme nous l'avons fait en classe aujourd'hui. Je n'ai pas de banque de données géoréférencées à transposer sur une carte. Mon projet demande que je trace les frontières et caractéristiques géographiques des géographies des romans. Inévitablement, ces géographies seront partielles, fragmentaires même, tirées des indices, références et brides qui émergent des textes. J'aurai à choisir où placer plusieurs de ces frontières. Je devrais justifier mes choix, mais ce ne seront que des interprétations. De plus, j'aurai peut-être à laisser tomber certains éléments géographiques des textes. Comme je compte me borner au sociopolitique et aux angoisses sociétaires reflétées dans les romans, je ne crois pas m'attarder aux indications concernant les paysages. Les localisations des références géographiques, topologiques et urbaines, oui. Les références à la flore? Probablement pas. Cependant, je vais inclure les informations à petite et à grande échelle: l'emplacement des pays à la topographie urbaine. Micro et macro, ce que CartoDB permet de faire.

Pour ma présentation de samedi, une présentation orale, je vais me restraindre à la géographie du roman de 1994 Les Voyageurs malgré eux d'Élisabeth Vonarburg (l'édition définitive, Alire, 2009). Je connais ce roman très bien -- presque par coeur, je l'enseigne -- ce qui me permettra de sauver du temps. J'ai déjà une carte mentale de l'Amérique du Nord de ce roman.

J'espère que la visite avec Anne-Marie Dufourt de la ville de Montréal en valait la peine. Et j'espère que mes collègues me raconteront tout dans l'autobus du retour.

19 août: "Slow Journaling"

18 août: "Slow Journaling"

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