18 août: La carte, source et ressource

Oh que la journée fut longue et intense!

La journée se déroulait au centre de conservation de la BAnQ à Rosemont-Petite-Patrie. Le cartothécaire Jean-François Palomino a présenté la carte comme concept et comme source, tout en nous introduisant à la collection et les étapes de la transformation d'une carte d'objet papier en objet de recherche catalogué et indexé. Sa présentation avait trois sections. En premier temps, il a fait la liste des éléments d'une carte, tout ce que nous devrons inclure dans la carte que nous produirons pour notre présentation de fin de cours samedi. Ensuite, il insista sur les usages multiples des cartes, en particulier des cartes d'époque, et des caractéristiques que ces usages imposent à la forme des cartes réalisées. Ces exemples étaient nombreux, intéressants et je fus surprise de voir combien des cartes projetées comptaient parmi celles que j'utilise en classe. Enfin, sous l'apparence de présenter les différents types de recherches scientifiques qu'on peut faire à partir de cartes anciennes, Palomino a plutôt expliqué comment un chercheur doit s'assurer de choisir les bonnes sources pour le type de recherche qu'il cherche à faire et nous a savamment mis en garde contre les silences et les déformations des cartes anciennes, surtout si elles ne sont pas d'abord inscrites par nous dans un appareil critique et analytique solide et le plus contextualisé possible. Il a aussi listé les outils de recherche disponibles à la BAnQ afin de repérer les cartes disponibles. J'ai pour ma part posé une question stupide. Mea culpa.

La deuxième présentation de Jean-Claude Robert sur son Atlas historique de Montréal fut, je dois dire, adorable. Quel plaisir de le voir faire une présentation et surtout quel bonheur de le voir parler, candidement, du projet de l'Atlas et de sa réalisation, ses choix et les justifications de ses choix, ce qui lui permet de présenter tous les dangers de l'usage de la cartographie ancienne sans un appareil critique et analytique étoffé. Il a répété souvent, mais candidement, en passant, qu'une carte est inutile sans une critique historiographique. Un grand maître de la présentation pédagogique.

Après le lunch (aux frais de la princesse; un grand merci!), Palomino nous a fait faire le tour des installations. Que de belles machines nous a montré Marie-Chantal Anctil, la coordonnatrice de la section reproduction. Je suis familière avec les machines et la numérisation, alors je n'ai pas vraiment appris grand chose, ni dans la section de restauration, présentée par Lisa Miniaci. Un grand bonheur de voir un centre à la fine pointe et avec tant de choses! J'ai aussi eu un petit frisson à voir des exemplaires originaux de cartes que je connais depuis si longtemps!

La quatrième séance de la journée a enfin abordé ce que pourquoi je me suis inscrite à l'école d'été. Léon Robichaud a présenté le logiciel MapWarper (et ses nombreuses fonctions) permettant la correction de plans anciens numérisés et de les géolocaliser, afin d'ensuite les insérer dans des logiciels de GIS (QGIS dans son exemple), permettant un géoréférencement poussé et détaillé. En passant, Léon s'est aussi assuré de nous transmettre les définitions nécessaires, les systèmes de coordonnées utilisés (WGS84, NAD83), les types de projections cartographiques (ah, les projections Mercator transversales! que de souvenirs!). Comme exemple, Léon a utilisé les plans d'assurance incendie de la ville de Montréal (du quartier où je réside en ce moment d'ailleurs par pure coïncidence) qu'il utilise dans ses recherches pour démontrer le tout, à force détails, comme seul lui sait le faire.

Je ne sais pas si je pourrai utiliser MapWarper dans mon projet, pour la simple et unique raison qu'il n'y a pas de cartes anciennes dans mon projet de recherche sur la SFQ. Mon projet tentera dans son volet géographique de visualiser les frontières politiques des Québecs et des Amériques du Nord alternatives ou futures décrites dans le texte des romans étudiés. Il me faut un logiciel qui me permettra de prendre la géographie "brute" de l'Amérique du Nord et de lui imposer des frontières non-existantes, imaginées par les auteurs et variables d'un livre à l'autre, afin de voir s'il y a des regroupements entre les périodes de production des livres, par exemple. Comme je ne veux pas avoir à les dessiner à la main et les comparer à la main, il me faut une solution informatique. QSIG me sera probablement utile, mais quelle base géomatique devrais-je utiliser? Il va me falloir faire un brainstorming avec Léon.

Ouf!

Demain, la journée sera encore plus longue. J'avoue ne pas savoir si je vais être physiquement capable de faire une visite à pieds du Sault-au-Récollet. Je vais demander des précisions sur l'activité (en espérant qu'elle ne consiste pas en une longue marche) et le cas échéant je demanderai d'être excusée de l'activité. Ce soir, j'ai très mal.

18 août: "Slow Journaling"

17 août: Mise en situation et cadre conceptuel

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